Atouts naturels du Lou

Des qualités naturelles indéniables

Présentation :

Ce Vallon sauvage de plus de 1700 hectares est préservé jusqu’à ce jour des remontées mécaniques et infrastructures lourdes. Il est pourtant très proche des stations des Menuires et Val Thorens. On y accède uniquement à pied ou à ski de randonnée et pour partie par des itinéraires hors-piste l’hiver.

Ce vallon est un îlot de nature authentique où la faune et la flore y trouvent refuge.

Il est inventorié depuis 1993 au niveau national comme ZNIEFF de type 1, zone naturelle d’intérêt faunistique et floristique. La commune des Belleville a choisi de le garder comme zone non aménagée dans son Plan local d’Urbanisme jusqu’à ce jour.

Caractéristiques :

Ses roches diverses (grès et schistes du houiller notamment) ont favorisé l’installation d’une végétation diversifiée.

D’innombrables zones humides entourent les lacs Montfiot, Pierre Blanche et du Lou, ainsi que dans toutes les pentes le long des torrents et ruisseaux sous le Mont Brequin et la Pointe de la Masse notamment.

Caractéristiques du retrait des glaciers, ces milieux particuliers abondent entre autres dans ce vallon. Il n’existe pas encore d’inventaire complet, même si le Conservatoire (des Espaces Naturels) a travaillé à les cartographier. Le Vallon du Lou recèle encore de secrets à découvrir !

Dans les zones humides vit une flore protégée d’intérêt national dont des reliques glaciaires (Laiche bicolore, tofieldie boréale et jonc arctique) .

 

 

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Pas très photogéniques ces plantes là vous me direz, pourtant elles jouent un rôle important !

Et oui !  Elles et leur milieu ont l’intérêt de filtrer et épurer naturellement les eaux de pluie et aussi de restituer à la saison sèche l’eau sur les versants, torrents quand la nature et les hommes en ont le plus besoin.

Près des lacs et gouilles, la linaigrette s’assure la vedette avec ses beaux pompons blancs cotonneux !linaigrettefeuillesetroites

Les tritons alpestres et grenouilles rousses s’y reproduisent.

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Lagopèdes, Tétras Lyre et perdrix bartavelles y  vivent. Pour certains ils hivernent et nichent dans ce vallon. L’hiver pour survivre il se cachent sous la neige.

Le pluvier Guignard a été aperçu plusieurs fois en migration.

Une importante population de mouflons y vit aussi, 200 têtes. Elle passe l’hiver sur le versant mauriennais.

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Ce vallon est un corridor écologique important entre le massif des Encombres, La Lauzière et la Vanoise pour les bouquetins, les mammifères et la grande faune notamment.

Le garder dans son intégralité est donc une nécessité pour le patrimoine écologique qu’il recèle et l’équilibre des espèces qui y vivent.

(Tous les détails cartographie, périmètre, inventaire sont téléchargeables sur le site d’observatoire de la Savoie : znieff-_vallonlou73140006 ).

Impact d’un aménagement dans une zone emblématique

  • Effets démultipliés et importants

Il est prévu la création d’une piste entraînant une fréquentation conséquente sur son tracé et ses abords en plus des débordements hors-piste depuis le sommet du télésiège. Nous passons d’une fréquentation hors piste confidentielle à une large présence humaine sur tout le versant équipé.

Et ce n’est qu’un début !

Une piste et une remontée génèrent des aménagements secondaires par la suite, pour l’entretien des installations, la sécurisation, améliorer l’enneigement. Ils élargissent toujours le périmètre initial (barrières à neige, piste 4×4 pour accéder aux pylônes, tranchées pour la neige de culture…)

Cela est autorisé par la réglementation des domaines skiables.C’est juste un fait avéré. Et dans notre cas, c’est un fait dommageable…

Passer d’un secteur vierge à un secteur équipé  génère des dérangements jour et nuit et en toutes saisons. La nuit pour le damage, à l’aube pour le déclenchement des avalanches en saison hivernale…et le secteur est souvent investi l’été pour l’entretien des installations ou de nouveaux travaux.

L’impact sur la vie des espèces s’en ressent. Survie en hiver très compromise. Reproduction et nichage perturbé en été. Au mieux elles se déplacent et sinon elles meurent.

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Crédits photos : Eric Dragesco

D’un point de vue écologique, réduire la taille d’une zone refuge comme ce vallon est une hérésie. Elle perd pour partie sa fonction. En effet, l’espace vital de chaque espèce est contraint sur un chiffre minimum. En deçà de ce périmètre, les espèces vont ailleurs ou disparaissent.

On pourrait dire la même chose des randonneurs qui apprécient un site pour son caractère vierge, calme. Si ce site perd ses caractéristiques, les randonneurs le délaissent.

En résumé, ce vallon tranquille serait bien mieux à rester préservé pour le bien-être de tous, la nature et les hommes aussi. Un ancien paradis, perdu et banalisé, n’intéresserait plus personne.

Aurélie CONTE, présidente de Demain Vivre aux Belleville.

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